LOGISTIQUE & DISTRIBUTION

Un approvisionnement en pétrole et en gaz fortement dépendant des importations

Les 75 millions de tonnes de pétrole et les 41 milliards de m3 de gaz consommés chaque année en France proviennent essentiellement de l'étranger. Parce qu'ils constituent la porte d'entrée de ces ressources sur notre territoire, les  terminaux pétroliers et gaziers ont un rôle vital dans notre chaîne d'approvisionnement en hydrocarbures.

Le pétrole

La France consomme chaque année environ 75 millions de tonnes de produits pétroliers, un chiffre tendanciellement en baisse depuis les années 1970. Le pétrole brut traité dans les raffineries françaises provient à 99% de l’étranger, ce qui place la France dans une situation de forte dépendance vis-à-vis de ses fournisseurs. En 2011, la facture pétrolière du pays s’est élevée à 48 milliards d’euros (+ 41% par rapport à 2010).

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Aux importations de pétrole brut s’ajoutent celles de produits pétroliers, en particulier de gazole, du fait du déséquilibre structurel entre les marchés de l’essence et du gazole en Europe [lien article raffinage]. Les volumes de gazole nécessaires à la satisfaction des besoins français proviennent essentiellement de Russie, des Etats-Unis et de certains pays de l’Union européenne.

En France, la quasi-totalité des besoins en pétrole brut et des produits finis est acheminée par voie maritime. Le pétrole brut arrive dans les principaux ports français, avant d’être déchargé et conduit vers les raffineries pour être transformé en produits finis. Ces derniers peuvent être aussi directement importés dans des dépôts côtiers (comme CIM-Le Havre, Frontignan ou DP Fos). En France, 17 ports sont concernés par le trafic pétrolier, dont les 7 grands ports maritimes (GPM). À eux seuls, trois ports assurent 84 % du trafic national de pétrole brut et de produits pétroliers : Marseille (40 %), Le Havre (30 %) et Nantes-Saint-Nazaire (14 %). Des deux premiers, dépend la plus grande partie du raffinage français : 4 raffineries sont approvisionnées depuis le port de Marseille-Lavéra ; 3 raffineries le sont depuis le port du Havre). Leur importance pour l’approvisionnement du pays est donc vitale. 

Le gaz naturel

Le volume de gaz naturel consommé en France en 2012 s’est élevé à 41 milliards de m3, confirmant la tendance à la hausse de la consommation gazière française. Ce volume était constitué à 98% d’importations, celles-ci provenant essentiellement de Norvège, des Pays-Bas, de Russie et d’Algérie. Le coût de ces importations a atteint, en 2011, 11,5 milliards d’euros (+28% par rapport à 2010).

Avant de pénétrer dans le réseau français de gazoducs, le gaz est acheminé par voie terrestre (gazoducs) ou maritime en transitant par l’un des deux terminaux méthaniers français (Montoir de Bretagne et Fos-sur-Mer).

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Garantir la sécurité d’approvisionnement

En octobre 2010, 33 jours de blocage du port de Marseille à la suite d’un mouvement social, l’arrêt de la plupart des raffineries et le blocage de plusieurs dépôts, ont occasionné dans de nombreuses régions françaises des pénuries de carburants, aggravées par les achats de précaution des automobilistes en station-service. Inédite par son ampleur, cette crise a confirmé que la fiabilité des grands ports maritimes français était une condition essentielle de la sécurité d’approvisionnement pétrolier et, partant, du bon fonctionnement de l’économie du pays.

LA POSITION DE L'UFIP

Instaurer un service minimum dans les terminaux portuaires pétroliers

L'instauration d'un service minimum dans les terminaux pétroliers, en cas de conflit social, contribuerait au renforcement de la fiabilité de ces infrastructures. La sécurité d'approvisionnement du pays s'en trouverait ainsi renforcée.

Avec l’instauration, au-delà de la réforme portuaire issue de la loi de 2008, d’un service minimum en cas de nouveau conflit social, cette fiabilité serait davantage garantie. Un niveau d’activité minimum dans les terminaux portuaires pétroliers, en effet, permettrait d’assurer le nombre d’escales et les importations en produits finis pétroliers nécessaires pour maintenir le fonctionnement des raffineries françaises à allure minimale, pour prévenir les risques d’incident ou d’accident liés aux arrêts et redémarrages des installations, et pour éviter les ruptures de stocks dans la distribution.

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