LOGISTIQUE & DISTRIBUTION

Un réseau de distribution proche des consommateurs

Par sa proximité avec le consommateur, le réseau de distribution constitue un acteur essentiel dans le quotidien de millions de Français. Il connaît cependant depuis plusieurs années des difficultés qui sont autant de menaces pour sa pérennité.  

Plusieurs types de carburants routiers sont commercialisés en France :

  • le diesel (10 ppm), qui représente 82 % des carburants routiers consommés en France ;
  • les essences : Sans Plomb 98 (SP98), Sans Plomb 95 (SP95) et Sans Plomb 95-E10 (SP95-E10), qui comptent pour 18 % de la consommation française de carburants routiers.
  • les biocarburants, incorporés à hauteur de 7% dans les carburants traditionnels
  • le GPLc (Gaz de Pétrole Liquéfié carburant), mélange à parité de butane et de propane.

La distribution de ces carburants s’effectue en France à travers deux canaux de vente aux clients finaux qui permettent de couvrir la consommation nationale (50,7 Mm3 en 2012 pour l'essence et le gazole, 0,2 Mm3 pour le GPLc) : la vente en vrac, destinée aux entreprises ou aux administrations qui disposent d’une installation privative de stockage et de distribution destinée à leur flotte propre (à hauteur de 6,9 millions de m3) ; la vente en stations-service, points de distribution où le client vient s’approvisionner (à hauteur de 43,2 millions de m3).

Ces installations doivent respecter une réglementation stricte pour assurer la sécurité des personnes, la préservation de l’environnement et l’information du consommateur.

Un secteur extrêmement concurrentiel

Différentes catégories de réseaux de stations-service coexistent en France : les réseaux de la grande distribution (hypermarchés, supermarchés et supérettes) et les réseaux dits “traditionnels” à l’enseigne d'une grande marque de distribution (Agip, BP, Elan, Esso, Shell, Avia, Total) ou non (stations “blanches”).

La grande distribution, ces trente dernières années, a complètement changé la donne sur le marché français de la vente de carburants au détail. Les grandes surfaces ont fait du carburant un « produit d’appel », dont le prix est le seul affiché à l’extérieur du magasin. Un prix proche du prix coûtant, dans la mesure où elles mutualisent et donc amortissent une partie des coûts de la station avec l’activité du magasin.Ce modèle économique a permis aux grandes surfaces d’atteindre 63 % de part de marché en 2012, alors qu’elles ne possèdent que 41 % des stations-service en France, du fait de l’importance des volumes vendus. Leur montée en puissance a accru également leur capacité à choisir entre l’importation de produits pétroliers et l’acquisition de ceux‑ci auprès des raffineurs français.

En concurrence avec les grandes surfaces, les distributeurs traditionnels peinent à survivre avec une marge brute qui ne permet pas de couvrir tous leurs frais de logistique et de fonctionnement. Si les ventes en boutique apportent aux stations un revenu économique significatif, elles restent marginales en proportion des ventes réalisées par un supermarché. Devant la perte de clients qui leur préfèrent, pour des raisons évidentes de prix, les grandes surfaces, les stations à faible volume, notamment en zone rurale, ne sont plus aujourd’hui rentables. Chacun à leur manière, les distributeurs du réseau « traditionnel » se sont adaptés à cette compétition : BP a cédé son réseau à Delek en 2010 ; Esso a développé le réseau de stations automates Esso Express ; Shell a vendu son réseau, ne gardant que les stations autoroutières ; Total a lancé le concept Total Access en 2013.

Pour en savoir plus

LA POSITION DE L'UFIP

Un érosion préoccupante du maillage de stations-service

Les multiples difficultés rencontrées par le réseau de stations-service doivent être prises en compte par les pouvoirs publics afin de ne pas menacer la sécurité d'approvisionnement des Français.

Une baisse marquée et continue depuis 1980 due à l’évolution du marché

Malgré ces efforts d’adaptation, on assiste depuis trente ans à une baisse spectaculaire du nombre de stations-service en France. De 1980 à 2012, leur nombre a chuté de 72 %, passant de 41 500 à 11 662 stations alors que dans le même temps, la taille du parc automobile français augmentait de 81 %, passant de 21 à 38 millions de véhicules. La croissance de la part de marché des grandes surfaces et, partant, la concentration des volumes de carburants vendus, est l’une des principales raisons de cette érosion.

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Des stations qui doivent faire face à la multiplication des contraintes réglementaires

Par-delà cette évolution structurelle du marché, ces dernières années ont vu une multiplication des réglementations européenne et française en matière environnementale, imposant notamment de nouvelles mises aux normes des stations-service. Si ces réglementations sont légitimes et strictement respectées par la profession, elles sont autant d’exigences d’investissements auxquelles ne peuvent répondre les stations les moins rentables. C’est pourquoi l’UFIP demande que des adaptations réglementaires soient opérées, en particulier pour les stations menacées.  Concernant le dispositif des certificats d’économies d’énergie, dont les obligations aggravent encore la situation des stations les plus fragiles, l’UFIP estime urgent qu’il soit remplacé par un nouveau mécanisme d’économies d’énergie pour le transport.

Des stations particulièrement menacées en milieu urbain

Dans les grandes villes, certaines réglementations additionnelles ainsi que la concurrence foncière accélèrent les fermetures de stations‑service. Le durcissement spécifique de la réglementation applicable à toute station sous immeuble ou dans un parking souterrain, notamment, va amener de fait à la fermeture progressive des stations de ce type. La multiplication de décisions locales liées aux grands projets d’aménagements (programmes immobiliers, créations de ZAC ou de stades, développement d’infrastructures de transport public, etc.) remettent en cause l’existence de stations non seulement dans les centres urbains, mais à leur périphérie. Cela, sans que les plans d’urbanisme intègrent une réflexion sur le repositionnement des stations.

Un phénomène qui risque d’impacter durablement la vie quotidienne des Français

Cette attrition du maillage français de stations-service, si elle continue à un rythme trop rapide, aura des conséquences notables et probablement irréversibles sur la sécurité d’approvisionnement, l’empreinte environnementale, l’animation des territoires et l’économie du pays : désertification accrue des zones rurales, alors que la station est parfois le dernier point de vie d’une commune ; perte d’emplois directs et indirects locaux générés par l’activité de la station elle-même ; engorgement de certains points de vente ; allongement des parcours pour aller faire le plein ; renchérissement de la facture énergétique des ménages…

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