LE PÉTROLE EN BREF

Le pétrole et les autres sources d’énergie

C’est de l’ensemble des énergies (fossiles, nucléaires et renouvelables) dont nous aurons besoin pour répondre à la demande énergétique mondiale, qui ne cesse de croître du fait principalement des pays émergents. Moins et mieux utiliser ces ressources est une nécessité absolue pour satisfaire durablement cette demande tout en maîtrisant les impacts sur l’environnement.

Des économies d’énergie indispensables

Notre priorité absolue doit être d’économiser l’énergie et donc de consommer moins et mieux. Pour le pétrole, cela signifie concrètement privilégier les usages pour lesquels il est difficilement substituable (transport et pétrochimie). Mais cet effort de modération, pour lequel l’Europe et la France se veulent exemplaires, ne suffira pas. Si nous voulons éviter au monde une pénurie d’énergie, il va nous falloir parallèlement mobiliser d’autres sources, tout particulièrement les énergies renouvelables.
La biomasse (dont les biocarburants), l’éolien, le solaire, l’hydraulique et la géothermie devraient connaître dans les années à venir un essor significatif.

Selon l’AIE, les énergies renouvelables devraient passer de 13 à 17% du bouquet énergétique mondial d’ici 2030, en croissance de 70%. Un moyen de préserver la planète, et aussi d’améliorer l’indépendance énergétique de chaque pays en lui assurant des sources d’énergie locales.

Un essor qui prendra du temps

Si les énergies renouvelables constituent des solutions d’avenir, elles sont aujourd’hui encore trop rarement compétitives sans soutien par rapport aux énergies actuelles, même en intégrant le coût de l’impact climatique de ces dernières. Des avancées technologiques restent à accomplir, ce à quoi travaille, en partenariat avec de nombreux acteurs de la recherche, l’industrie pétrolière.
À grande échelle, les énergies renouvelables ne seront pas toutefois disponibles à temps pour pouvoir peser de façon significative dans le mix énergétique mondial ou même français d’ici 2030. Et même une fois réalisé l’ensemble des infrastructures nécessaires, l’intermittence structurelle associée à leur production (qui dépend de l’ensoleillement ou de la présence de vent, par exemple) et la limitation des sites à équiper, font qu’à elles seules, les énergies renouvelables ne suffiront pas à répondre à la totalité de la demande énergétique du futur – pas plus que le pétrole, pas plus que les autres ressources.

C’est en cela que le modèle du “tout-renouvelable” ne paraît pas réaliste.

Une mobilisation de toutes les énergies

Pour satisfaire dans les décennies à venir la demande mondiale en énergie, c’est de toutes les énergies que nous aurons besoin. Le gaz naturel devrait monter en puissance (de 21 à 24%) dans le mix énergétique mondial, arrivant presque à la hauteur du charbon (25%). Certains experts le voient même devenir la deuxième source d’énergie après le pétrole. Offrant l’avantage d’émettre deux fois moins de gaz à effet de serre que le charbon pour la production d’électricité, le gaz naturel devrait jouer un rôle de complément indispensable aux énergies renouvelables, en venant pallier leur production intermittente. L’AIE prévoit également une légère croissance du nucléaire (de 6 à 7%) dans le bouquet mondial futur. Les conséquences de la catastrophe de Fukushima sur le développement de la filière pourraient toutefois venir infléchir ces prévisions.

Pour une gestion intelligente des ressources

La menace d’une crise énergétique mondiale ne doit pas pour autant prendre le pas sur le problème du changement climatique. Ces défis d’apparence contradictoire nous imposent aujourd’hui  d’aller dans le même sens : celui d’une gestion plus intelligente, responsable et acceptable, de nos ressources énergétiques. Chaque filière, de même que chaque pays, a ses contraintes géographiques, économiques, techniques, géopolitiques. C’est donc dans le sens d’une prise en compte de l’ensemble de ces contraintes, du bilan de chaque énergie de la source à l’usage et des coûts associés, qu’il s’agit de penser les mix énergétiques futurs. Quels que soient nos choix en la matière, les émissions liées à nos productions d’énergie nécessitent d’être maîtrisées. La réduction du brûlage du gaz associé à l’exploitation de pétrole, à travers la réinjection dans les gisements ou la valorisation de celui-ci en fonction du contexte local, ou bien encore le développement du captage-stockage de CO2, constituent des solutions pragmatiques et efficaces sur lesquelles l’industrie pétrolière travaille assidûment.

Une transition progressive

Dans l’histoire, il a toujours fallu au moins cinquante ans pour qu’une énergie s’impose face aux énergies en place. L’évolution énergétique du XXIe siècle vers un modèle moins “carboné” prendra elle aussi beaucoup de temps. Le remplacement des sources d’énergie existantes par de nouvelles nécessitera des adaptations au niveau de l’appareil de production, des réseaux de distribution comme des usages. C’est dire si cette transition doit se faire progressivement, car elle sera coûteuse. On estime que pour transformer en profondeur le système énergétique mondial actuel, il faudra vers 2030 y consacrer plus de 1 000 milliards de dollars par an. L’industrie pétrolière sera un contributeur incontournable à ces investissements. En attendant, il est indispensable de développer les ressources pétrolières et gazières qui peuvent l’être encore, dès lors qu’on agit de manière responsable sur les plans à la fois économique, social et environnemental. Ces ressources stratégiques pour assurer une évolution énergétique acceptable à court, moyen et long terme, par les consommateurs.

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